Le Very Bad Trip

4 zones de guerre oubliées à visiter avec un casque bleu sur la tête

28 avril 2017
guerre

Elles ont perdu la primeur des chaînes d’info continue. Elles ont échoué dans l’anonymat relatif des brèves des grands journaux du soir. Pourtant, ces zones de conflit restent brûlantes. Voici 4 champs de bataille exclusivement réservés aux aficionados du tourisme de guerre et aux sympathisants de Bernard de la Villardière. 

 

  1. Sud-Soudan

Le Sud-Soudan, c’est loin et impossible à situer sur une carte pour la plupart d’entre nous. Pourtant, il est traversé par le célébrissime fleuve Nil. Depuis l’indépendance du pays en 2011, après trois décennies de guerre civile, les conflits armés s’y sont durcis. Groupes rebelles contre forces de sécurité anti-insurrectionnelles, le chaos est total : exécutions, pillages, exploitations agricoles dévastées… Les survivants, majoritairement des femmes, des enfants et des personnages âgées sont obligées de se réfugier dans les zones marécageuses sans grand espoir de retour chez eux. Mais que fait George Clooney ?

 

  1. Ukraine orientale

Le conflit en Ukraine pour le contrôle du Donbass a donné lieu 2014 à une campagne médiatique fiévreuse. Les théâtrales passes d’armes entre Obama et Poutine n’auront finalement abouti à rien. Pas plus que la paix signée en 2015 entre le Président russe, Merkel et Hollande. Depuis, les mouches médiatiques ont changé d’âne. On ignore donc largement que le feu couve encore sous le tchernoziom, et que les tensions sur la ligne de front près de Donetsk se sont aggravées. Un bon conseil aux amateurs de tourisme industriel : munissez-vous d’un bon gilet en kevlar avant d’aller visiter les forges du Donbass !

 

  1. Yémen

L’Arabie Saoudite a grassement payé ses armes à la France. Il fallait bien qu’elles servent à quelque chose ! Au Yémen, un conflit sanglant (7 000 morts depuis deux ans, dont la moitié de civils) oppose l’armée gouvernementale fidèle au président en exil Abd Rabbo Mansour et à son prédécesseur Ali Saleh, activement soutenue par le royaume sunnite saoudien, et la rébellion houthiste, des chiites, qui peut compter sur l’appui de l’Iran. Alors que les pourparlers vont d’échec en échec, Al-Qaida et l’Etat Islamique profiteraient même du chaos pour tenter de s’implanter dans le sud du pays. Vous l’aurez compris, ce n’est pas encore le moment d’aller profiter des charmes touristiques du pays. Les surprenantes cités gratte-ciel yéménites, qui ont fait la réputation du pays, attendront leurs visiteurs quelques décennies de plus…

 

  1. Etat Shan, Myanmar

Au Nord-Est de la Birmanie, loin des hauts lieux touristiques aujourd’hui tranquilles, un très ancien conflit oppose les autorités centrales aux représentants de l’État Shan. Ce territoire pluriethnique, mais sous dominance de groupes chinois, a depuis toujours revendiqué son indépendance face à l’autorité – intraitable on doit le dire – du pouvoir bamar. Si l’ensemble du pays connaît la paix, des bombardements ont récemment secoué la région, provoquant l’exil de nombreux habitants vers la Chine voisine. L’état Shan aurait même tendance à troquer la culture du thé contre celle de l’opium. Préférez donc arpenter les paisibles temples de Bagan plutôt que d’aller jouer les Bob Morane (ou Denard ?) sur les hauts plateaux du Shan !