C’est arrivé loin de chez vous

Rencontre fatale à Andaman

30 novembre 2018
tribu

Ce n’est pas le dernier SAS, mais l’histoire tragique d’un Américain de 26 ans qui souhaitait évangéliser une tribu de sinistre réputation vivant dans l’Océan Indien. Mais face à la xénophobie des autochtones, c’est l’infortuné missionnaire qui est allé rejoindre le Ciel, et le Capitaine Cook. Requiescat in Pace. 

En 1879, plusieurs membres de la tribu des Sentinelles, des chasseurs-cueilleurs vivant en autarcie sur l’île de l’archipel des Andaman, au sud de L’Inde, se sont fait kidnapper par l’armée de l’Empire britannique.

Depuis, l’hostilité des Sentinelles pour tout ce qui leur est étranger est devenue proverbiale dans tout le sous-continent, à tel point que le gouvernement a abandonné les tentatives de prise de contact avec eux depuis près de 30 ans. Il est vrai que les contacts avec des étrangers, porteurs de germes infectieux contre lesquels le système immunitaire des Sentinelle n’est pas préparée, pourrait décimer ce peuple. Mais ces obstacles n’ont pas dissuadé le pieux John Chau, un Sino-américain de 26 ans bien décidé, d’après son journal de bord, à « apporter Jésus-Christ » aux habitants de l’île.

Amené aux abords de l’île par une poignée de pécheurs stipendiés – qui seront seront plus tard arrêtés -, il fait une première tentative, qui derechef provoque l’ire de la tribu. Chanceux, la première flèche décochée en direction de John Chau va directement se planter dans… sa Bible. Mais le lendemain, le 16 novembre dernier, le sort lui sourit moins : il est immédiatement tué par une nouvelle volée de flèches et son cadavre promené sur la plage au bout d’une corde.

Il aurait depuis été enterré, les autorités se demandant même s’ils doivent prendre risque de venir récupérer la dépouille. Présent depuis 60 000 ans dans la région d’Andaman, les Sentinelles provoquent une terreur toujours intacte et les sombres histoires les entourant – y compris la menace de leur extinction prochaine – font trembler l’Inde. Via le compte Instagram du défunt missionnaire, sa famille a expliqué que celui-ci n’avait que « de l’amour pour le peuple des Sentinelles » et qu’elle ne leur en voulait pas pour leur geste. Une preuve qu’en dépit de tout, l’Amour sauve le Monde.