Le Very Bad Trip

Le casque ou la plume : ces pays où la liberté de la presse est la plus malmenée

29 mars 2019
liberté presse

En France, le phénomène des gilets jaunes nous montre combien le métier de journaliste est mal considéré. Mais la liberté de la presse reste sacro-sainte ici… en tout cas jusqu’à aujourd’hui. Ce qui n’est pas le cas ailleurs, dans ces pays que L’Œil de Marco met à l’index.

La Corée du Nord

C’est sans grande surprise que le pays adulé des complotistes de tout poil ne traite pas particulièrement bien les journalistes. A moins de courber l’échine, comme un peu tout le monde, devant son leader « bien aimé » Kim Jong-un au pouvoir depuis 2012. Pour Reporters sans frontières, ce très hermétique pays a même décroché la timbale : dans son classement des 180 pays en 2018, c’est le pire des cancres, le mauvais élève absolu. Par exemple, ne vous amusez pas à lire un média étranger de votre smartphone, ce sera le passage par un camp de « rééducation » (sic) assuré. Pire, lors de sa venue très médiatisée l’année dernière, ils n’ont même pas eu le tact de garder pour eux Yann Moix. C’est dire la mauvaise volonté de ces gens…

La Turquie

Être journaliste en Turquie, c’est soit la soumission à l’idolâtrie du Sultan, soit se retrouver en prison sous prétexte de trahison (110 journalistes incarcérés en 2018 ; très loin devant la Russie de Poutine !). A l’aune de l’actualité, on peut se débarrasser facilement d’un journaliste sur les rives du Bosphore. Il n’y a qu’à voir le sort terrible réservé au malheureux Jamal Khashoggi à l’ambassade d’Arabie Saoudite d’Istanbul… La liberté de la presse, voilà au moins une chose sur laquelle le Sultan et le Roi se mettent d’accord

Le Turkménistan

En janvier 2013, une loi garantissant « un libre accès au médias étrangers » et interdisant « la censure et l’entrave au travail des journalistes » entrait en vigueur au Turkménistan, république à partie unique d’Asie Centrale. Douce rêverie. Grâce à la politique assez subtile de son leader, Gurbanguly Berdimuhamedow, qui jongle à la fois diplomatiquement avec les Etats-Unis et la Russie et ne cherche pas querelle à ses turbulents voisins (Afghanistan, Iran), le pays s’autorise un contrôle très poussé de sa population et de ses médias. Arrestations et incarcérations de journalistes indépendants, menaces, tortures… Le web y est aussi très contrôlé. Et la « loi sur l’audiovisuel » de 2018 oblige les chaînes de télévision privées de « donner une image positive du pays ». Sinon, tout va bien.

L’Érythrée

Un petit passage par l’Afrique avec ce pays voisin de l’Éthiopie à l’indépendance obtenue en 1993. Pour ce qui est de la liberté de la presse, l’Érythrée est en fond de classement RSF, un des pires pays de la planète pour les journalistes. C’est simple : depuis 2001, toute forme de presse non-officielle a été interdite par le gouvernement. Une dizaine de journalistes (là encore plus qu’en Russie) sont actuellement emprisonnés sans aucune forme de procès. Sous le joug du président Issaias Afeworki et selon les propres mots de ce dernier, le pays « ne sera jamais une démocratie ». Reste aux journalistes érythréens en exil d’envoyer des informations à la population via Radio Erena installée… à Paris.

©Hassan