Le Very Bad Trip

Stupeur et tremblements : les 4 spots de « tourisme de catastrophe » les plus en vue

27 septembre 2018
catastrophes

Tchernobyl avait lancé la mode. Depuis quelques années, un nouveau genre de tourisme (également appelé « tourisme noir ») a fait son apparition : la visite de zones dévastées, misérables, ou rendues hostiles par des catastrophes. Un very bad trip qui navigue en eaux sombres, entre « devoir de mémoire » et voyeurisme.

 

1. Région de Fukushima, Japon

Le tourisme « explose » au Japon mais pas uniquement pour aller à la rencontre d’un otaku ou des cerisiers en fleur. L’année dernière, pas moins de 100 000 personnes sont allées visiter les villages désertés de Namié ou Tornioka, à quelques encablures de Fukushima. C’est là que le 11 mars 2011, un séisme puis un tsunami avaient provoqué la destruction d’une centrale nucléaire et, dans la foulée, une sérieuse crise d’angoisse mondialisée. Adoubés par les autorités locales, des guides professionnels vous emmènent sur les lieux. Tout serait revenu « à la normale » (sic) selon eux. Ne pas oublier son compteur Geiger pour éviter de voir Marie Curie en peinture !

 

2. Ground Zero, New-York, Etats-Unis

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». La formule de guillotiné Antoine Lavoisier devrait figurer sur les billets verts autant que le célèbre In God We Trust. Car les Américains savent tirer quelque chose des pires catastrophes. Prenez le 11 septembre, attaque terroriste inédite sur le sol US qui fera près de 3000 morts. En lieu et place du World Trade Center, il y a aujourd’hui un musée qui rend hommage aux victimes et expose de nombreuses reliques, des débris des deux tours aux véhicules de pompier… sans éviter d’exposer des restes non identifiés de victimes. Et n’oubliez pas la boutique de souvenirs en sortant !

 

3. Tuol Sleng, Phnom Penh, Cambodge

En 1975, à la satisfaction complice des intellectuels « progressistes » de l’Occident, les khmers rouges prennent le pouvoir au Cambodge. C’est le début de quatre ans d’une politique de « collectivisation » qui entraînera la mort de près de 20 % de la population du pays. Cette tragédie a son propre musée, situé dans la capitale Phnom Penh, Tuol Sleng ; aussi appelé The Killing Fields. Cet ancien lycée avait été transformé « prison de sécurité » ou plutôt site de torture par les nervis du pouvoir. Les traces de sang de victimes anonymes sont toujours sur les murs. Et les crânes et ossements trônent encore là, sans possible repos. Ames sensibles, s’abstenir !

 

4. Dharavi, Mumbai, Inde 

Si le nom de Dharavi ne vous dit rien, retournez visionner Slumdog Millionaire de Danny Boyle. C’est dans ce bidonville de près d’un million d’habitants que se déroule l’action du film. Et à l’instar des Townships de Johannesburg, cet endroit misérable se visite – avec un guide, cela vaut mieux. Autant avoir le cœur bien accroché : vous vous prenez la misère, la promiscuité et la détresse humaine de plein fouet. Et les pointilleux de l’hygiène peuvent derechef déclarer forfait. Ici, c’est un empilement de tous les déchets jetés par la métropole indienne. Paradoxe, le « tourisme sombre » pratiqué là-bas rapporte des devises à la population… ce qui les oblige à rester dans leur pauvreté pour satisfaire la curiosité des visiteurs étrangers. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme !