Le Very Bad Trip

Les syndromes du Voyageur : ne rentrez pas avec eux

16 novembre 2018
syndrome du voyageur

Voyager n’est pas sans risque. Personne n’est à l’abri d’une insolation, d’un accident de chameau ou encore d’une chute de télésiège. Mais les tréfonds de sa psyché peuvent également se retourner contre le voyageur, sous la forme de redoutables syndromes. Quatre exemples de ces « very bad trips » qui menacent les esprits vagabonds.

 

1. Le syndrome de Stendhal

Henri Beyle, vous connaissez ? Un rond monsieur à favoris qui racontait, caché derrière son pseudo des histoires de braves types (Julien, Fabrice…) tombant amoureux et qui, de ce fait, en prenaient pour leur grade. Eh bien, il a également donné son nom à un gâteau aux fruits rouges ainsi qu’à un syndrome. De passage à Florence, devant les beautés architecturales et artistiques de la ville, voilà l’auteur du Rouge et le Noir (rien à voir avec le tube de Jeanne Mas, philistins !) il a frôlé le collapsus : « En sortant de San Croce, j’avais un battement au cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais par crainte de tomber. » Vertiges, sueurs, tachycardie, hallucinations, peuvent ainsi toucher le voyageur profondément ému par l’esthétisme d’un œuvre ou d’une ville.

 

2. Le syndrome de Paris

Pauvre Japonais ! Nourris aux chromos des films attrape-touristes (Amélie Poulain en tête, Gigi…), nos ami(e)s du Soleil Levant pensent que la « Ville lumière » n’est que ballet chic entre héritiers de Vatel, de Toulouse-Lautrec et d’Yves Saint Laurent. C’est dire le choc dès – presque, sans charrier – la descente de l’avion. Incivilités, saleté, déjections canines, agressions verbales, racolages forestiers, grossièretés des dragueurs à pas lourds… Tout cela peut engendrer chez le voyageur nippon des crises, bien réelles, de schizophrénie, voire psychotiques et de graves troubles de l’humeur. Et se solder par un rapatriement d’urgence en Asie. Merci Amélie !

 

3. Le Syndrome de L’Inde

Aucun rapport avec les désagréments liquides pouvant suivre le brossage de vos dents à l’eau du robinet dans une guesthouse de Mumbai. Le Syndrome de l’Inde doit son origine aux constatations faites par Régis Airault, psychiatre à l’ambassade de France en Inde. Devant ce spectacle ahurissant que représente le pays – son peuple, ses temples, son bruit, ses pauvres, ses morts… -, le frêle visiteur occidental est soudain gagné d’une épouvantable sensation d’agoraphobie pouvant conduire à une franche crise mystique à bouffées délirantes. Si votre rejeton, depuis son retour de stage d’informatique à New Delhi, vit désormais pied nu à vendre des colliers de fleurs sur les plages occitanes, il peut finalement y avoir là-dessous une vraie raison. Hare Krishna !

 

4. Le Syndrome de Jérusalem

Sans lien aucun avec les insolubles querelles de voisinage propres à la région, le syndrome de Jérusalem et, lui aussi, lié au mysticisme. Il touche généralement les visiteurs qui, durant des années, ont « fantasmé » sur les Lieux Saints (il n’y a pas que les présentatrices météo dans la vie !) et se retrouvent déprimés face à leur délitement, ou leur absence de grandiose. S’ensuivent des crises attribuées par les psychiatres à un profond sentiment de déception. Juifs en grande majorité, mais aussi Chrétiens (pour les Musulmans, on manque de sources !) peuvent ainsi être victimes de ce mal qui provoque une grave anxiété, des délires mystiques, des hallucinations, le besoin irrationnel de se purifier ou… de revêtir une toge. Les amateurs d’orgies du temps de Ponce Pilate éviteront de prendre cela comme un appel du pied : l’Œil de Marco s’en lave les mains !