Le Very Bad Trip

Salauds de touristes : les comportements insupportables des étrangers à l’étranger

23 novembre 2018
étrangers

Vous les voyez arriver en meutes et vous les détestez déjà ! Les touristes – c’est-à-dire eux, vous, moi… -, tout le monde adore les abhorrer, en oubliant un peu que chacun rejoindra un jour la confrérie des shorts et des claquettes. Voici quatre clichés vitriolés à l’humour Œil de Marco : à prendre avec des baguettes !

 

1. Le Français

Quand on s’aime bien, on se châtie bien. De par son côté tantôt bidochon, tantôt je-sais-tout, ses râleries continuelles, ou ses airs d’ethnologue humaniste devant les « peuples du sourire » – inuit, thaï ou malien, on s’en fiche, tant que l’exotisme soit au rendez-vous –, le voyageur français réussit à se faire honnir à peu près partout où il passe. Sauf peut-être au Japon, à la condition de payer ses impôts et de bien manier la nostalgie nippone du béret/baguette. En dépit de sa posture d’indépendance nationale, quand il se retrouve aux « States », c’est pour faire la queue comme tout le monde devant chez Nike devant l’Apple Store du block. Et tous les employés d’hôtels, marchands de bazars, chauffeurs de taxis, guides touristiques, et autres « oiseaux de nuits» (voir le film Much Loved de Nabil Ayouch) du Monde entier vous le diront, vous le diront : c’est un gros pingre. C’est dire…

 

2. Le mainland Chinois 

Même à Hong Kong, où il passe généralement la journée à dynamiter ses yuan dans les boutiques de montres et les joailleries, il a fini par se faire détester. S’il n’a jamais totalement délaissé la mauvaise manie du crachat – pourtant jugé « contre-révolutionnaire » par les autorités du pays -, le Chinois continental, débarqué de son Hunan natal ou d’ailleurs, a quelques problèmes à s’adapter à des sociétés plus réservées. Ce latin de l’Asie parle fort, se racle la gorge comme d’autres sifflotent leur air favori, et prépare une révolution culturelle dès qu’il n’est pas satisfait du confort exigé par ses devises sonnants et trébuchants. Ses crises filmées au smartphone, dans les avions, les restaurants, les hôtels, font la joie de sites comme YouTube. Allez donc vérifier !

 

3. L’Américain

Eux aussi vous les entendez s’enthousiasmer devant la moindre quiche lorraine comme une œuvre digne du MoMA, aux terrasses parisiennes, avec leur accent Buffalo Grill. Les Américains, qui veulent vivre « the experience » chaque fois qu’ils débarquent quelque part, tiennent tellement à faire couleur locale qui ça rend leur pathétique presque attachant. Armés de dollars, ils s’offrent du rêve en barre, à squatter les comptoirs des meilleurs quartiers en rêvant de Scott Fitzgerald ou d’Hemingway, de beaux soiffards. Ils ont tout fait, tout vu, se moquent les Français/es qu’ils croient toujours capitulards, fâchés avec le savon, ou la cuisse légère. Réminiscences de 1944 oblige. Bon, subir une de leurs discussions au bar du Ritz sera toujours moins cuisant qu’une pluie de napalm. Il faut savoir relativiser comme disait Einstein !

 

4. Le Russe

Comme son voisin allemand, le Russe aime lever le coude. Et pas qu’un peu. Comme son meilleur ennemi l’Anglais, il réagit souvent mal au soleil. A l’étranger, les enfants d’Anna Karenine et de Michel Strogoff incarneraient presque la quintessence du tourisme balourd européen. Les devises en plus. Lui se murge sur un yacht, dévale les pistes des plus belles stations sur des skis dernier cri, qu’il jettera avant même la fin de la saison, avant de rejoindre son cinq étoiles. De la Côte d’Azur à Hainan, de Courchevel aux palaces de Shanghai, il est le cauchemar des meilleurs barmen et des femmes de ménages les plus rompues. Dès qu’il passe une porte, il claque, s’abreuve, finit par hurler, casser un peu, du mobilier comme du serveur. C’est l’âme slave biberonnée à la Veuve Clicquot. Cris de soulagement autochtones à la fin des vacances.