Le Very Bad Trip

Au-dessous du volcan : quatre anecdotes qui ne vous feront pas (f)rire

7 décembre 2018
volcan

Un beau volcan, ça mérite bien un voyage, et ce n’est pas si dangereux, dans le fond. A condition d’être raisonnable ! Car ces merveilles naturelles peuvent réserver un cruel sort aux téméraires tentés de s’approcher de trop près de leurs dégoulinantes oriflammes. Et ça, L’Œil de Marco ne le souhaite à personne. La preuve par 4.

 

1. Dissous dans l’acide du Kawah Ijen

Le grand intérêt avec le Kawah Ijen, ce volcan indonésien situé dans la partie orientale de Java, c’est que sa difficile ascension a ses mérites ! Car à plus de 2 300 mètres, apparaît une merveille de la nature quelque peu incongrue: un lac d’acide sulfurique (dû à la dissolution des abondants gaz volcaniques dans les eaux) dont la surface peut varier selon les précipitations, et dont la profondeur avoisine les 200 mètres ! Ne vous fiez pas au superbe bleu turquoise de ses eaux : leur extrême acidité ne vous laisserait guère de chance s’il vous prenait l’envie de vous baigner. Quelques inconscients volcanologues ont pu s’amuser à faire du canot pneumatique dessus, mais s’il vous plaît, restez sur la rive. A admirer sans faire trempette !

 

2. Tomber dans le lac de lave de l’Erta Ale

Direction la Vallée du grand rift, en Éthiopie, dans le Triangle de l’Afar. C’est là que s’élève – pas très haut au demeurant – l’Erta Ale, un volcan bouclier. A son sommet en 1968, l’éminent vulcanologue Haroun Tazieff y découvrit deux lacs de lave, le premier de 100 mètres de diamètre, le second de 65 mètres. Depuis, niveaux et tailles ont changé au gré des ardents caprices de ses cratères. Ne vous mettez donc pas en tête de mettre les pieds trop près de leurs lèvres. Déjà, vous aurez bigrement bronzé avant d’y être arrivé, et en cas de chute, les bulles de lave qui crèvent itérativement sa surface auront vite fait de vous transformer en patate frite.

 

3. Rôtir dans les nuées ardentes du Mérapi

Envie de vous refaire une permanente ? Allez donc voir du côté du Mérapi si j’y « suie » ! Dominant la région de Java-Centre, le Mérapi est un volcan capricieux dont la spécialité est redoutée de tous : les nuées ardentes. Ce sont, en fait, des masses nuageuses dans lesquelles il ne faut mieux pas se perdre puisqu’elles sont composées de gaz brûlants et de lave solidifiée. C’est dire que si vous vous prenez ça dans la figure, les lendemains risquent d’être plus que difficiles. Aux abords du Mérapi, la solution est donc simple : ne s’aventurer près du cratère que dûment accompagné par un guide du cru et bien chevronné. Et quand le Mérapi entre en éruption, c’est simple : on évacue en même temps que la population vivant sur ses pentes. Et 14 000 personnes, ce n’est pas rien. Même si, il faut le dire, les montagnards locaux ont appris à vivre au pied du géant, dont les bienfaits agricoles sont finalement bien supérieurs aux conséquences, parfois dévastatrices, de ses colères. Borobudur en sait quelque chose.

 

4. Prendre une bombe sur la tête à l’Asama

Le Mont Asama est situé aux abords de la ville de Karuizawa, sur l’île de Honshū, Japon. Son activité est une menace périodique pour les habitants de la région (voire de l’archipel entier, disent les volcanologues les plus sensationnalistes). A l’instar du Stromboli, en Sicile, ce volcan a une bien colérique singularité : celle d’envoyer des « bombes volcaniques » à chaque explosion. Issues de la fragmentation du magma, celles-ci peuvent être envoyées à plusieurs centaines de mètres à la ronde. Si la dernière grave « crise » de l’Asama date de 2004 (avec des scories et des cendres projetées à plus de 250 kilomètres), celle de 1935 reste encore aujourd’hui légendaire : une « bombe » de 6 mètres de diamètre avait été retrouvée à 600 mètres du cratère ! Mieux ne valait-il pas être en-dessous. Un voyageur averti en vaut deux !